Saül
Guyane française
Vidéo couleur et son - 4'22
2017

Comment revoir les images ? Comment réemployer l’archive ?

Durant l’année qui a séparé mon premier séjour en Guyane française (2015) du second (2016), je me suis posée la question de savoir comment travailler sur ce territoire sans y avoir accès physiquement ? J’ai entrepris de travailler à partir de négatifs (archives familiales) avant tout parce qu’il était nécessaire pour moi de déconstruire la vision familière que j’entretenais à ces images. J’ai ressenti la nécessité de désinvestir le souvenir, de faire l’expérience d’une certaine infidélité face au réel afin de m’emparer du récit ; tout autant que de questionner la stabilité de l’archive comme une façon de s’émanciper du rapport nécessairement moral entretenu à l’histoire et au témoignage.
En filmant les négatifs, j’ai cherché dans l’image un sens nouveau et j’ai tenté de créer des déplacements voire des incohérences pour m’écarter de toute logique. À travers un plaisir de la couleur et une très grande liberté de composition, j’ai organisé le récit comme un poème en prose qui chemine entre la sensation du magique, les rapports rendus étranges entre les villageois et les scènes plus documentaires relatives aux chercheurs d’or et à l’arrivée des légionnaires.